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Référenciel rédigé par le groupe de travail

Pré Clusters, clusters, filières émergentes et réseaux d’entreprises : Proposition d’un référentiel commun

JPEG De nombreuses initiatives liées au thème des « clusters » voient le jour sur le territoire. Il convient aujourd’hui de s’accorder sur des critères partagés de reconnaissance de ces « clusters » au niveau régional.

Cette politique d’ « amorçage de clusters » propose par ailleurs un modèle de développement économique et d’aménagement équilibré du territoire. Elle nécessite donc d’être expliquée, puis, dans un souci d’une efficacité accrue, coordonnée. L’Agence économique de Bretagne, dans sa mission de « coordination des acteurs et des outils du développement économique » est chargée de Ce travail.

La Région propose, à titre expérimental et en concertation avec les collectivités territoriales concernées, de soutenir l’amorçage de clusters ou de filières émergentes. Nous espérons, via ce dispositif, impliquer les territoires et leur permettre de valoriser leur potentiel économique.

Vecteur d’un nouveau dynamisme pour ces territoires, ce dispositif cible les PME . Les dispositifs « filières », « Pôles de Compétitivité », « clusters » et « SPL » sont ainsi complémentaires, puisque destinés à des territoires et à des entreprises de tailles différentes. Cet ensemble permettra un maillage du territoire, s’adressant tant aux grands groupes qu’aux PME, aux grandes agglomérations qu’à des territoires plus isolés. Pour autant, l’objectif n’est pas de limiter le périmètre de ces « clusters » aux territoires qui les accueilleront en niant des évidences économiques : en effet, sur les problématiques communes à de nombreux territoires, le périmètre pertinent sera l’échelon régional…

L’objectif n’est pas non plus de disposer in fine d’autant de clusters que de territoires… Economique (construire aujourd’hui les moyens de garder les emplois de demain), et géographique (conserver sur les territoires des emplois, pour éviter des effets de concentration qui seraient à terme négatifs), cet outil reprend le souhait de la SRDE (p38) de soutenir le « développement d’activités plus localisées et/ou de nouvelles formes d’activités », pour « contribuer à la diversification » des activités en Bretagne et « limiter la dépendance de l’économie bretonne à ses filières clé ».

Pour A.TORRE , un cluster est « un réseau d’échange de connaissances, une forme locale d’organisation de l’innovation »… Pour l’Europe, qui ne fait pas de différence (le concept de filière serait une spécificité française ) entre les filières et les clusters, il s’agit d’un regroupement d’entreprises, de laboratoires et d’institutions travaillant ensemble. Par « cluster », à l’instar du CDIF , nous entendons également « Systèmes Productifs Locaux » (SPL) et « Pôles de Compétitivité » qui participent de la même logique. Par cette organisation, nous espérons contribuer à des formes diverses d’innovation.

Nous présenterons dans un premier temps la logique d’ensemble dans laquelle s’inscrit l’ « amorçage de clusters », et la réflexion issue du groupe de travail . Puis nous expliquerons la méthode suivie qui permettra le lancement de la démarche. Enfin, nous aborderons la question du soutien du Conseil Régional de Bretagne.

SECTION 1 : Présentation de la politique

I. Filières, clusters, SPL et Pôles : des dispositifs complémentaires

La démarche d’émergence des clusters s’inscrit pleinement dans les orientations de la SRDE adoptée par le Conseil Régional en octobre 2006 après une large concertation. Cette stratégie fait d’une politique de filière l’un des axes structurants du développement économique.

La politique de filière voulue par la Région est en cours d’élaboration sur un plan opérationnel. Elle trouvera sa cohérence dans l’articulation entre trois axes d’action :

1 - Des contrats globaux de développement avec les grandes filières structurantes de l’économie bretonne (IAA, TIC, Automobile, Navale, Tourisme…)

- Améliorer la performance des structures de gouvernance des filières,
- Partager un diagnostic et des enjeux,
- Confirmer un projet stratégique partagé,
- Développer les fonctions de veille, de prospective, d’innovation, d’internationalisation…
- Assurer le décloisonnement des acteurs et des fonctions,
- Développer l’image et l’attractivité de la filière.

2 - Le soutien aux clusters émergents

3 - Le soutien aux pôles de compétitivité

- Poursuivre leur montée en puissance,
- Rechercher l’amélioration de leur gouvernance,
- Renforcer leur visibilité au service de l’attractivité bretonne,
- Poursuivre la réflexion sur « demain, les pôles »
- Renforcer les liens avec les filières.

Le Conseil Régional confie à l’Agence une mission générale de définition et d’élaboration de cette stratégie de filière.

II. Objectifs de la démarche

Pour nous, deux objectifs rendent la notion de « cluster » importante :
- dans les secteurs traditionnels, en phase de maturité avancée, la mise en réseau peut permettre l’intégration de nouvelles technologies ;
- dans des secteurs en émergence, ils peuvent permettre l’amorçage de nouvelles activités qui vont irradier sur l’ensemble du territoire.

Selon une étude faite par le BIPE pour le compte de la DATAR , les PME s’impliqueraient dans ces dispositifs pour atteindre des objectifs qu’elles n’arrivent pas à atteindre isolément. Leur regroupement servirait notamment à réduire leurs coûts ; plus généralement, elles pourraient « mutualiser les moyens qui leur permettront de créer, de protéger, d’accroître les rentes recherchées tout en essayant de s’entendre pour les partager »(p6). Les avantages seraient (au conditionnel puisque l’information vient des animateurs et non des entreprises elles-mêmes) étroitement liés au degré de mobilisation des entreprises (p26) ; cette mobilisation dépendrait de la cohérence entre objectifs individuels et objectifs collectifs du cluster, des avantages comparatifs à participer à ce type de démarche (par rapport au fait de rester isolé) ; il faut également veiller à ce que le mode de fonctionnement du cluster n’introduise pas de barrières à la réactivité et à la flexibilité des entreprises impliquées.

Les clusters que nous souhaitons soutenir sont orientés marché, et liés aux ressources ou à l’histoire locale. Ils naissent d’un regroupement d’entreprises qui, pour répondre à des enjeux communs de compétitivité, mobilisent collectivement des outils tels que la recherche, la formation, la gestion des emplois, celle des compétences, les achats en commun, par exemple…

Ces entreprises partagent alors une vision commune (une communauté d’intérêts) et construisent ensemble une stratégie permettant d’anticiper/de répondre à une transformation dans les règles du jeu économique. La stratégie interne de ces organisations est alors construite en lien avec la stratégie du cluster. Le choix fait par la Région est de favoriser l’émergence de clusters trans-sectoriels, en logique horizontale, venant compléter l’organisation sectorielle existante.

III. Les temps forts dans la construction d’un cluster : élaboration d’une stratégie puis structuration et lancement, comme préalables à l’émergence d’une organisation durable

Pour comprendre ces organisations, on discerne traditionnellement plusieurs « âges » dans la vie d’un cluster : la naissance (l’émergence), la maturité, le déclin… Sur nos territoires, certains « clusters » sont en phase d’émergence (« usages de la RFID » par exemple), d’autres existent de longue date et fonctionnent ( A l’Ouest des Dents…). D’autres encore existent de longue date et ont besoin de se structurer… Si le regroupement en cluster est souhaité par les chefs d’entreprises. Il est dès lors essentiel de prendre en compte ces différents degrés de maturité pour déterminer l’aide susceptible de leur être apportée, sa nature et son niveau. C’est pourquoi le traitement de ces clusters relèvera du cas par cas.

1. Amorçage et principes généraux

Pour amorcer un cluster, nous considérons qu’il faut :

- Une connaissance précise du terrain Ses atouts géographiques, mais également le contexte historique dans lequel s’inscrit la construction du cluster, la population concernée, la structure économique de la région, la taille et composition du cluster, ainsi que la présence d’un facteur singularisant, entre autres, sont perçus comme autant d’éléments dont la recherche est pertinente dans la phase de construction d’un cluster potentiel.

- La mobilisation des entreprises Elle s’organise autour du besoin de restaurer la compétitivité et d’anticiper une rupture potentielle (i.e. dans un contexte de transformation des « règles du jeu » d’un point de vue économique), puis de la recherche du changement majeur dans lesdites règles et de l’origine des difficultés économiques rencontrées. Cette mobilisation permet alors l’identification des marchés disponibles et des leviers d’actions possibles. L’intérêt économique des firmes à travailler ensemble doit être évident et partagé par tous.

- Organisation du cluster/de la filière émergente autour d’une concentration d’entreprises Le cluster s’organise ensuite autour de « pionniers »/d’ « acteurs » qui incarnent la perception de ces enjeux. En effet, si le point de départ de la démarche est une concentration d’entreprises, il s’agit dans un deuxième temps de rechercher des acteurs moteurs, qui seront porteurs du projet ; on constitue alors une « tête de réseau » en recherchant des entreprises « leader ».

- Des organisations en lien avec les objectifs de la Stratégie de Lisbonne L’organisation par cluster s’inscrit dans les objectifs de formation et d’emploi inscrits dans la Stratégie de Lisbonne. Il est essentiel, pour que le cluster puisse se développer, de disposer d’institutions créatives de savoirs (laboratoires de recherche, lieux d’enseignement, organismes de transfert technologique, etc.) qui puissent nourrir et appuyer la stratégie du cluster.

- Principes fondamentaux… a) La création d’un cluster ne se décrète pas, elle est initiée par la présence d’entreprises sur une aire géographique, exerçant des métiers proches ou complémentaires, et qui ont tissé entre elles un minimum de « vie sociale » partagée. b) De même, un cluster émerge du terrain ; il se situe dans un environnement qui le rend pertinent. c) D’autre part, un cluster est ouvert : chaque acteur apporte au cluster l’ensemble de ses réseaux et de son ouverture sur l’extérieur…. d) Il est indispensable que le projet ou l’idée de cluster soit tiré par la mobilisation de ses membres, et non par celle d’une structure extérieure.

2) Elaboration d’une stratégie

Après avoir obtenu ces éléments nécessaires à l’amorçage, il est souhaitable de :

- Dégager une problématique commune : Le travail le plus important à réaliser est d’identifier ce qui unit et ce qui sépare les membres, puis de formuler une problématique permettant à chacun de retrouver sa part d’enjeux. Il est d’autre part indispensable de construire dés le début les conditions de la confiance et de la transparence. Les partenariats qui se développent dans ces organisations sont qualifiés d’exploratoires ; il faut tâcher avant tout de réduire les incompréhensions sur le but poursuivi, qui doit être explicité le plus en amont possible.

- Traduire cette problématique en une stratégie et en objectifs concrets à atteindre ;

- Un programme d’actions à suivre doit alors permettre de dérouler cette stratégie.

3) Structuration et lancement du cluster

C’est uniquement quand cette problématique commune a été construite et validée par l’ensemble des acteurs, qu’elle a été traduite en une stratégie et des objectifs, puis des actions à suivre permettant d’atteindre ces objectifs, que la question de la structuration du cluster se pose.

- La mobilisation et le soutien des acteurs territoriaux Il faut s’assurer la mobilisation et le soutien des acteurs territoriaux.

- On peut ensuite passer en phase opérationnelle avec le lancement du cluster.

Le lancement d’un premier projet collaboratif, s’inscrivant dans la stratégie du cluster, sera alors une façon de tester la pertinence du projet et son adéquation avec le marché visé.

Après cette phase d’amorçage, il est important d’élargir en procédant par « tache d’huile », par exemple, pour stabiliser et valider l’approche avec un plus grand nombre d’acteurs…

- Personne à contacter La première nécessité est d’identifier une structure porteuse, au cas par cas. Les clusters nouvellement crées seront de préférence hébergés par des structures existantes. La fonction « cluster » devra toutefois apparaître en tant que telle dans le budget de la structure porteuse. La communication du cluster se ferra sous le nom choisi par les membres, sans autre spécification (ni structure porteuse, ni institutions, ni entreprises).

SECTION 2 : Méthodologie et lancement de la démarche

I. Validation de la méthode Ce référentiel a été co-rédigé par un groupe de travail ; il sera présenté au Conseil d’Administration de l’Agence pour validation.

II. Diffusion auprès des têtes de réseau Ce projet sera diffusé auprès des chambres économiques locales, technopoles, CRITT, Centres techniques, Agences départementales et locales de développement, aux services des agglomérations et autres villes (par exemple Dinan, Fougères, Ploërmel, Pontivy, Redon ), aux établissements publics de recherche, à l’Université Européenne de Bretagne, qui feront remonter les informations de clusters potentiels pertinents sur le territoire breton, en argumentant leur opinion au regard du présent référentiel .

III. Action de communication, formation, sensibilisation La communication sera réalisée auprès des acteurs du développement économique des territoires via des actions de formations telles que celles conduites dans d’autres régions par le CDIF par exemple.

IV. Analyse des propositions de clusters et préconisations Dans un premier temps, quelques propositions de clusters seront sélectionnées (par un comité scientifique/ avec une aide extérieure), et des préconisations seront effectuées pour accompagner les porteurs de projets. Les critères de sélection seront : l’adéquation avec la définition arrêtée, l’adéquation avec la grille du SRDE (proposée en pages 59 et 60 du document), le potentiel de développement de ces clusters, l’effet d’entraînement sur le reste de l’économie, les créations d’emplois… Parallèlement, l’Agence pourra assurer un suivi des clusters existants qui la sollicitent dans la mesure où ils correspondent à la définition arrêtée dans le présent document.

SECTION 3 : Soutien financier du Conseil Régional de Bretagne

En fonction du degré de maturité des « clusters », et de la stratégie construite, la Région pourra, en lien avec les acteurs du développement économique présents sur le territoire, participer financièrement à la mise en œuvre des projets de clusters en tenant compte notamment des préconisations effectuées par le comité en charge de l’analyse des projets. Cet accompagnement, adapté à chaque cas, pourra prendre la forme d’un soutien :
- A l’ingénierie de projets,
- A l’animation,
- Au montage des projets collectifs.

Des soutiens de même nature pourront être apportés aux clusters existants.

Les expériences conduites sur le territoire rencontrant par ailleurs souvent les mêmes difficultés, dans le souci d’une meilleure circulation des informations et afin de favoriser la diffusion de bonnes pratiques, l’Agence sera chargée de suivre, d’animer et de coordonner les porteurs de projets.